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Premiers pas en Asie

  • il y a 5 heures
  • 3 min de lecture

Les premiers pas d’un nouveau projet sur la violence et la discrimination envers les femmes en Indonésie


En lançant les premières étapes de l’Observatoire Mondial des Femmes (WWO) de l’UMOFC en Asie, cette mission vise à mieux comprendre la réalité de la violence et de la discrimination envers les femmes, tout en sensibilisant et en inspirant l’action en Indonésie, où l’UMOFC est fortement présente grâce à son organisation affiliée dans le pays.


Les premiers pas de l’Observatoire de l’UMOFC en Asie

L’Observatoire Mondial des Femmes (WWO) de l’UMOFC a mené une mission de terrain en Indonésie avec la participation d’Isabella Park, Vice-présidente de l’UMOFC, de Lavinia Rocchi Carrera, Secrétaire générale de l’UMOFC, et de Patricio Caruso, consultant du WWO. L’équipe a été chaleureusement accueillie par la direction et les membres de Wanita Katolik Republik Indonesia, notamment sa Présidente, Mme Elly Kusumawati Handoko, et Justina Rostiawati, membre du Conseil de l’UMOFC pour l’Indonésie.


La mission a débuté à Bandung, où un groupe de discussion avec des organisations locales a fourni des témoignages puissants sur la manière dont les industries extractives transforment les communautés et accentuent la vulnérabilité des femmes.

« Quand la terre est prise, les femmes perdent non seulement leurs moyens de subsistance, mais aussi leur identité et leur lien avec la culture. »
« La violence contre les femmes n’est pas séparée de ces projets — elle fait partie du système qui les accompagne. »

Les participantes ont également souligné comment la dégradation environnementale affecte la vie quotidienne, notamment par la diminution de l’accès à l’eau potable, la perte de revenus et l’augmentation des tensions sociales au sein des familles et des communautés.


Pendant leur séjour à Bandung, la délégation a visité l’Eco Camp avec l’un de ses fondateurs, le Père Ferry Sutrisna Wijaya, et a rencontré des initiatives locales promouvant la conscience écologique et la durabilité communautaire.


Jakarta : les voix des femmes qui vivent les impacts

La mission s’est poursuivie à Jakarta, où deux groupes de discussion ont été organisés dans les bureaux de Wanita Katolik Republik Indonesia. Ces sessions ont réuni des femmes de tout le pays, dont des militantes, des chercheuses et des femmes directement touchées par la violence et la vulnérabilité économique. Les témoignages ont révélé une réalité complexe et souvent invisible :

« La violence est si courante que beaucoup de femmes ne la reconnaissent même plus comme de la violence. »
« Parfois, être frappée est considéré comme normal — quelque chose qu’un mari fait pour “éduquer” sa femme ou ses enfants. » « Les femmes travaillent toute la journée — à l’usine puis à la maison — mais leur travail n’est pas reconnu. Quand quelque chose ne va pas, ce sont elles que l’on blâme. »

Les participantes ont également évoqué l’impact des industries extractives sur l’augmentation des risques sociaux :

« Quand les entreprises arrivent, beaucoup d’hommes viennent de l’extérieur. Avec eux arrivent la prostitution, l’exploitation et des familles brisées. »
« De jeunes filles tombent enceintes et sont abandonnées. Elles portent seules les conséquences. »

Plusieurs témoignages ont mis en lumière comment les pressions économiques, les normes culturelles et des pratiques comme la dot renforcent les dynamiques de pouvoir inégales et exposent les femmes à davantage de violence :

« Parce que la famille du mari a payé, certains hommes pensent qu’ils possèdent la femme — et peuvent faire ce qu’ils veulent. »

En même temps, les femmes ont souligné leur exclusion des processus décisionnels :

« Nous sommes rarement consultées, alors que nous sommes celles qui gèrent les conséquences au quotidien — l’eau, la nourriture, les enfants, la santé. »

Malgré ces défis, les groupes de discussion ont également mis en évidence le rôle essentiel des organisations locales dans le soutien aux femmes, notamment les refuges, les programmes d’accompagnement et les initiatives de plaidoyer menées par des groupes confessionnels et de la société civile.



Regarder l’avenir

La dernière journée de la visite a été consacrée à une séance de travail dans les bureaux de Wanita Katolik, où l’équipe et les partenaires locaux ont défini les prochaines étapes du projet.


Cela inclut l’élaboration d’une enquête nationale qui sera lancée en mai, visant à atteindre environ 1 000 femmes à travers l’Indonésie, afin de recueillir leurs expériences, leurs voix et leurs perspectives.


Cette mission a réaffirmé un principe clé du WWO :

Le véritable changement commence par l’écoute — attentive et respectueuse — des réalités vécues par les femmes.

Patricio Caruso - Consultant du WWO

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