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Laïcs et consacrés : coresponsables dans la mission

  • 26 mars
  • 4 min de lecture

Dans la vie de l’Église, les laïcs et les consacrés collaborent déjà activement dans de nombreux domaines : l’évangélisation, le catéchisme, la pastorale, l’action caritative, l’éducation et l’accompagnement des personnes et des communautés. Cependant, il reste essentiel de réfléchir à la manière dont ces deux vocations se complètent et comment elles peuvent cheminer ensemble de façon plus consciente dans la mission commune.


Dans cet horizon, la synodalité se présente comme un chemin privilégié pour renforcer l’écoute, le discernement partagé et la coresponsabilité. À travers ce processus, il est possible de reconnaître comment les divers dons et charismes s’intègrent et s’enrichissent mutuellement au service de l’Église.


Comme le soulignait le Pape François :


« Ce que nous devons tous faire : témoigner par nos vies et partager la responsabilité de la mission de l’Église. Les laïcs, les baptisés, sont chez eux dans l’Église, et ils doivent en prendre soin. Il en va de même pour nous, les prêtres, les consacrés. Chacun apportant ce qu’il sait faire le mieux. Nous sommes coresponsables dans la mission, nous participons et vivons dans la communion de l’Église. »


Dans le même ordre d’idées, le Pape Léon XIV nous rappelle :


« Nous avons besoin d’une Église où chacun se sente responsable de la mission. »


Dans ce contexte, l’École de Synodalité de l’UMOFC a organisé un webinaire intitulé « Laïcs et consacrés : coresponsables dans la mission », au cours duquel une réflexion a été proposée sur la manière dont la synodalité, à travers la coresponsabilité, le discernement et le dialogue, peut renforcer la collaboration entre les vocations. Cette rencontre a permis d’explorer des domaines concrets de coopération et des manières de favoriser une action commune plus consciente et efficace dans la mission de l’Église.


La rencontre a réuni des intervenantes internationales de renom. Sr. Anne-Béatrice Faye S.N.D.I.C Membre de la Commission théologique du Synode et Initiatrice de l’École de Synodalité de Dakar nous à transmis son désir profond « de rendre accessible, au niveau local, l’expérience vécue lors du Synode mondial ». « La synodalité n’est pas une fin en soi : elle est orientée vers la mission que le Christ a confiée à l’Église ». « Les femmes consacrées ont une expérience séculaire de la vie synodale et de discernement en commun, et constituent souvent un laboratoire d’interculturalité. Les Femmes laïques sont appelées à imprégner et transformer les réalités temporelles selon l’esprit de l’Évangile ». L’expérience synodale dit Sr. Anne Béatrice, « permet de vivre concrètement la coresponsabilité dans la mission » et réciproquement « La collaboration harmonieuse entre ces vocations permet de mieux vivre la synodalité ». Enfin, Sœur Anne Béatrice a présenté les objectifs et le travail de l’École de la Synodalité de Dakar, que nous vous invitons à découvrir via le lien que nous offrons sur la page de ressources de l’École de la Synodalité de l’UMOFC.


La professeure Isabelle Morel de l´Institut Catholique de Paris nous a affirmé que « dans le sillage du Concile et de la dynamique synodale impulsée ces dernières années, l’Église redécouvre que tous les baptisés participent à une même vocation missionnaire, selon des modalités diverses ». Dans cette perspective, ceux-ci sont particulièrement collaboratifs dans les domaines de la pastorale et l’évangélisation, le champ éducatif, l’action sociale et la gouvernance ecclésiale, « marqué d’abord par une reconnaissance mutuelle des vocations, puis par un déplacement d’une logique de délégation vers une possible coresponsabilité ». Après avoir identifié plusieurs défis et tensions, elle souligne néanmoins qu’une grande positivité demeure : « les potentialités sont considérables. Cette collaboration ouvre un espace de créativité missionnaire, capable de rejoindre des réalités nouvelles. Elle permet une meilleure adaptation aux contextes locaux et favorise un témoignage plus crédible d’unité dans la diversité. Elle devient ainsi un signe prophétique pour le monde ».


En définitive, « la collaboration entre laïques et consacrées apparaît comme une nécessité pour aujourd’hui. Elle ne répond pas seulement à des contraintes organisationnelles. Elle exprime une vision de l’Église comme communion missionnaire »


La professeure Mirna Abboud Mzawak – Coordinatrice du Bureau de la Pastorale de la Femme dans l’Église Maronite – Bkerké, a commencé son intervention en nous situant devant le défi du passage d’une synodalité ponctuelle à une synodalité constitutive. Après un bref exposé sur la démarche synodale initiée par le pape François, au cours duquel elle a souligné trois dimensions importantes — conjoncturelle, identitaire et fondatrice —, la professeure s’est centrée sur cette dernière, car elle « appelle à une conversion du langage et du regard : passer de « l’Église » comme institution observée à « nous » comme sujet ecclésial agissant », invitant à « dépasser une vision dualiste opposant hiérarchie et participation ». Elle a ensuite précisé que la collaboration synodale « ne vise pas à diluer les responsabilités propres aux ministères ordonnés, mais à articuler plus harmonieusement les dimensions ministérielle, charismatique et baptismale de l’Église ». La professeure Mirna a expliqué que la synodalité « invite à privilégier des catégories… qui expriment davantage la dynamique relationnelle de la vie ecclésiale… Elle devient une pédagogie ecclésiale de la communion », permettant ainsi de « relire les tensions contemporaines non comme des menaces, mais comme des opportunités de maturation ecclésiologique ». Enfin, elle a montré que la réflexion sur la collaboration entre laïcs et religieux, entre femmes et hommes, constitue un terrain privilégié pour mesurer cette transformation, et qu’elle favorise « une expérience partagée d’appartenance et de mission ».



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